José Manuel Prieto
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Rex
Traduit de l’espagnol par Christilla Vasserot.

Sur la Costa del Sol en Espagne, un jeune homme fait irruption dans une mystérieuse maison, où il est accueilli par un gardien tout aussi inquiétant. Il a été engagé par une non moins mystérieuse famille russe comme précepteur du jeune Pétia. C'est à lui qu'il s'adresse, tout au long de ce roman dont il est le narrateur. Il se remémore, reconstitue les faits, raconte à Pétia les histoires de ses parents, auxquelles il se retrouve lui-même peu à peu mêlé : tombé amoureux de sa manipulatrice de mère, embarqué par son père dans un trafic de faux diamants fabriqués maison. Une maison dans laquelle tous sont enfermés, craignant la vengeance d'une mafia dont ils font partie et qui les traque. Une maison hors du temps, ou dans laquelle se mêlent tous les temps, à la faveur d'un bal à l'issue tragique. Sa méthode d'apprentissage ne manque pas d'éveiller les soupçons et les réticences de la famille. Il décide en effet de baser l'éducation du jeune garçon sur le commentaire d'un seul et unique livre : A la recherche du temps perdu.

Le roman est divisé en douze parties, douze « commentaires » permettant de relire ce livre et bien d'autres : Nabokov, Dostoïevski, Bradbury, Kafka, Borges... La langue défie parfois la syntaxe pour mieux relever les élans, les craintes, les troubles ou la colère du narrateur. Les citations et leurs commentaires défilent, transportent les personnages dans d'autres lieux, d'autres époques, où ils seraient empereurs ou rois.

Fabrice Gabriel / Les Inrockuptibles 30/01/2007

Prieto réussit un coup de maître: son récit est construit comme une suite de douze leçons destinées au jeune élève, où se combinent à la fois la narration des mésaventures semi-parodiques du héros face à la mafia et leur commentaire distancié... Si l'effet produit peut d'abord perturber, le dispositif mis en place se révèle vite captivant, car l'histoire en train de se raconter devient un prétexte pour réfléchir - avec infiniement d'humour - à la possibilité d'écrire un roman après Proust, mais aussi Borges, Nabokov, Dostoïevski ou même Mozart! Allusions à double fond et clins d'oeil savants pullulent, mais ne poussent pas la prose, extrêmement inventive, jusqu'à la cuistrerie: il y a chez Prieto une allégresse de l'écriture qui va bien au-delà de l'intertextualité."Rex" est un jeu d'érudit, sans doute, mais nous pouvons tous nous y amuser.



Christian Bourgois, 2007
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